40 ans après Tchernobyl, ne relançons pas le risque nucléaire


 

À l’occasion des 40 ans de la catastrophe de Tchernobyl, le groupe écologiste, solidaire et citoyen du Conseil régional de Nouvelle-Aquitaine alerte : relancer le nucléaire avec un projet d’EPR2 à Blaye, dans l’estuaire de la Gironde, serait une erreur historique, à rebours des urgences climatiques et de la sobriété vers laquelle nous devons tendre.

 

De Tchernobyl à Fukushima, en passant par l’accident évité de justesse à la centrale de Blaye en 1999, les risques liés au nucléaire restent bien réels. En Ukraine, l’armée russe menace régulièrement les centrales nucléaires, tandis que la question des déchets reste entière. Pourtant, certains continuent de promouvoir cette énergie comme une solution d’avenir. Le projet d’EPR 2 dans l’estuaire de la Gironde en est l’illustration en Nouvelle-Aquitaine.

 

« Derrière l’argument d’une électricité décarbonée, nous dénonçons de graves mensonges d’État, hélas à répétition : coûts sous-estimés, risques minimisés, absence de transparence et, en conséquence, manque de prévention vis-à-vis des populations. Cette énergie n’assure pas non plus notre souveraineté, en grande dépendance d’un minerai exploité par des pays étrangers peu fréquentables… », souligne Anne-Laure Bedu, conseillère régionale en Gironde et membre de la commission développement économique et performance industrielle.

 

Le nucléaire : une énergie certes décarbonée mais sale et dangereuse

 

« L’atome n’est pas une énergie comme les autres : les risques ne sont jamais nuls. Tchernobyl en 1986, Fukushima en 2011, et des centrales toujours sous tension dans des zones à risque, que ce soit en raison de conflits armés ou du réchauffement climatique, nous le rappellent. S’y ajoute la problématique des déchets radioactifs pour lesquels aucune solution scientifique ou technique pour leur traitement n’existe à ce jour », rappelle Stéphane Trifiletti, conseiller régional en Charente-Maritime.

 

L’EPR2 : une technologie immature et coûteuse

 

Le projet d’EPR2 à Blaye est d’autant plus aberrant que le prototype EPR de Flamanville a fait face à des défaillances techniques, d’importants retards et surcoûts. Cela illustre les limites d’une technique ni fiable ni adaptée aux besoins urgents. L’accélération du développement des énergies renouvelables en sera inévitablement sacrifiée.

 

Le choix du site de Blaye, en bordure d’un estuaire vulnérable à la submersion et à l’érosion, soulève en outre de graves incohérences. « Implanter un EPR dans une zone exposée aux risques climatiques et dépendante des ressources en eau fragilisées est une aberration, alerte Thierry Perreau. Le problème se pose déjà actuellement aux centrales de Civaux (Vienne), de Chinon-Avoine (Indre-et-Loire) ou de Golfech (Tarn-et-Garonne) : certains réacteurs sont régulièrement mis à l’arrêt l’été, lors de périodes de sécheresse et/ou canicule, faute de débit ou en raison de températures de l’eau trop élevées. Les biotopes sont régulièrement impactés par des eaux trop chaudes. »

 

Changer de cap dès maintenant

 

Alors que le changement climatique accentue les tensions sur l’eau, indispensable au refroidissement des centrales, la relance du nucléaire apparaît comme une impasse. Elle ignore également les problématiques de restrictions budgétaires auxquelles est confrontée la France, et les enjeux de sobriété énergétique alors que le développement de technologies énergivores et d’équipements gourmands explose.

 

Plutôt que d’organiser l’augmentation de nos consommations, le groupe écologiste appelle à un changement de cap : sobriété, efficacité énergétique et développement massif des énergies renouvelables, seules réponses rapides, sûres et soutenables.

 

« Quarante ans après Tchernobyl, il est plus que temps de tirer les leçons du passé et d’orienter notre pays vers des énergies vraiment renouvelables, dont le potentiel, sous-exploité, est considérable et créateur d’emplois », conclut Anne-Laure Bedu.