LGV : l’entêtement de la Région se fait au détriment des trains du quotidien


 

Alors que le réseau ferroviaire régional se dégrade et que des lignes du quotidien sont menacées de fermeture, l’exécutif persiste à privilégier les projets destructeurs et très coûteux de LGV Bordeaux-Toulouse et Bordeaux-Dax. Ce choix budgétaire et politique se fait au détriment des usagers, des territoires et de la transition écologique. Les écologistes appellent à un moratoire sur les LGV et à une réorientation immédiate des financements vers la rénovation et la réouverture des lignes ferroviaires du quotidien.

Alors que l’État n’a toujours pas engagé les 1,5 milliards d’euros nécessaires à la rénovation du réseau ferroviaire existant, le Président de Région Alain Rousset et sa majorité persistent à prioriser les LGV Bordeaux-Toulouse et Bordeaux-Dax, projets nationaux non financés, au détriment des TER du quotidien.

 

Depuis trois ans déjà, des milliers d’habitants de Nouvelle-Aquitaine paient d’ailleurs une nouvelle taxe, la taxe spéciale de l’équipement (TSE), pour financer ces LGV, mais sans voir s’améliorer leurs conditions de déplacements quotidiens. Pire, des lignes structurantes sont menacées ou abandonnées faute d’investissements : Paris-Orléans-Limoges-Toulouse (POLT), lignes Angoulême-Limoges, Limoges-Ussel, Périgueux-Agen, Ussel-Périgueux, Guéret-Felletin, Brive-Objat-Saint-Yrieix, Saumur-Thouars-Bressuire, La Rochelle- Saint-Mariens ou encore la ligne du Médoc (Bordeaux-Le Verdon), etc.

 

« Pendant que les usagers subissent retards, suppressions et fermetures, la Région maintient plus de 28 millions d’euros d’investissements annuels pour les LGV, un choix d’autant plus choquant dans un contexte de forte contrainte budgétaire pour les collectivités, et alors que seuls les transports régionaux sont de la compétence de la Région », souligne Christine Seguinau, conseillère régionale en Gironde, membre de la commission transport, et coprésidente du groupe écologiste, solidaire et citoyen du Conseil régional de Nouvelle-Aquitaine.

 

En outre, la récente « expertise » commandée par la SGPSO, société en charge de la construction des LGV, très contestée pour son manque d’indépendance et la faiblesse de sa méthodologie, écarte une nouvelle fois la rénovation des voies existantes, malgré son potentiel avéré et l’évitement de destructions irréversibles, notamment dans la vallée du Ciron.

 

Christine Seguinau dénonce : « La Région fait le choix d’une nouvelle infrastructure où circuleront des TGV qui, compte-tenu du prix des billets, seront réservés à une minorité – cadres, touristes d’affaires et de loisirs. Pendant ce temps, les habitants des territoires ruraux et périurbains sont littéralement laissés à quai, faute de rails en bon état. Pourtant, investir dans les trains du quotidien, c’est investir dans l’égalité, la transition écologique et la cohésion de nos territoires. »


Le groupe écologiste, solidaire et citoyen appelle à un moratoire sur les LGV et à une réorientation immédiate des financements vers la rénovation et la réouverture des lignes ferroviaires du quotidien en Nouvelle-Aquitaine.