Tempêtes et inondations en Nouvelle-Aquitaine : mieux anticiper et adapter nos politiques face au dérèglement climatique


À la suite des tempêtes Nils et Pedro et des crues qui ont durement frappé le Sud-Ouest, plusieurs territoires de Nouvelle-Aquitaine sont sous les eaux, de la Réole à Saintes, de Marmande à Cognac. Le groupe écologiste, solidaire et citoyen tient d’abord à exprimer sa pleine solidarité avec l’ensemble des sinistré·es, agriculteurs, forestiers, commerçants et collectivités touchés. Le groupe renouvelle son appel à mettre en œuvre l’anticipation et l’adaptation au dérèglement climatique.

 

Ces dernières semaines, la Nouvelle-Aquitaine a connu une succession d’épisodes climatiques d’une intensité exceptionnelle : crues majeures dans les bassins versants de la Garonne et de la Charente, submersions locales, érosion des côtes, réseaux ferroviaires interrompus, milliers d’habitations sinistrées, parcelles forestières dévastées, problème de potabilité de l’eau dans plusieurs communes… Ces catastrophes ne sont plus des exceptions. Elles traduisent un dérèglement climatique durable, aggravé par des choix d’aménagement inadaptés, comme le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) nous alerte depuis de nombreuses années : artificialisation des sols, destruction des zones humides, urbanisation en zones inondables, modèles agricoles intensifs.

 

« Dans les Landes, certaines parcelles comptent jusqu’à 50 % des pins couchés par les vents et des sols engorgés. Les dégâts étaient prévisibles. Il est urgent d’accompagner agriculteurs et forestiers vers des modèles plus résilients : agroécologie, restauration des sols vivants capables d’absorber l’eau, préservation des zones humides et lutte contre l’artificialisation doivent devenir des priorités régionales », souligne Laurence Motoman, conseillère régionale dans les Landes et membre de la commission forêts, agriculture et alimentation.

 

Aménagement du territoire : sortir des choix qui aggravent les risques

 

Pour le groupe, ces événements imposent un changement de cap en matière d’aménagement du territoire, et un renforcement de la prévention.


« On ne peut plus continuer comme si de rien n’était et à autoriser des projets qui aggravent l’artificialisation ou détruisent des zones humides comme les lignes LGV vers Toulouse et Dax, les projets Flying Whales ou EMME. Il faut repenser nos choix d’aménagement à l’aune des risques climatiques », alerte Christine Graval, conseillère régionale dans la Vienne et coprésidente du groupe.


Augmenter le fonds Barnier


Le groupe pointe également la question des inégalités territoriales et sociales face aux risques climatiques. Le système d’assurance montre déjà ses limites : dans certaines zones, les assurances rechignent à couvrir les biens exposés. Tandis que le fonds Barnier, dédié à la prévention des risques naturels majeurs, reste inchangé alors que les risques et donc les dégâts augmentent.


« Sur le bassin versant de la Charente, plusieurs milliers d’habitations ont été touchées. Là aussi, nous constatons que le dérèglement climatique frappe surtout les plus vulnérables et aggrave les inégalités. À cause du changement climatique, l’intensité des précipitations dans le Sud-Ouest augmente, les crues sont plus intenses et plus longues, et le ruissellement est amplifié par l’imperméabilisation des sols et la brutalisation des zones tampons comme les zones humides. Nous devons adapter nos politiques publiques et renforcer la prévention. Et l’État doit prendre ses responsabilités financières et renforcer le fonds Barnier, affirme Stéphane Trifiletti, conseiller régional en Charente-Maritime. Face à l’accélération du changement climatique, la Région et l’État doivent prioriser la prévention des inondations, la résilience des territoires, la transformation des modèles agricoles et forestiers et l’accompagnement des collectivités vers la désimperméabilisation et la renaturation. »


Le groupe appelle l’État à renforcer les moyens dédiés à la prévention des risques et à mettre les financements à la hauteur des enjeux climatiques.