
À chaque vague de chaleur, le même constat : services publics sous tension, établissements mal adaptés, transports perturbés, et surtout habitant·es trop souvent livré·es à eux-mêmes. Et pourtant, rien ne semble réellement bouger au niveau des pouvoirs publics.
Au-delà des difficultés locales et régionales, la situation est structurelle. L’impréparation actuelle s’explique par un cadre national insuffisamment clair et des politiques d’adaptation sous-financées, notamment le Plan national d’adaptation au changement climatique et la Trajectoire de réchauffement de référence. Le gouvernement a divisé le budget du Fonds vert par quatre en deux ans, alors qu’il devait aider les collectivités à accélérer l’adaptation. Ces choix fragilisent la capacité des collectivités à agir à la hauteur des enjeux.
« Nous savons que ces épisodes vont devenir plus fréquents, plus longs et plus intenses. Continuer à gérer la canicule comme une crise exceptionnelle n’est plus tenable », souligne Christine Graval, co-présidente du groupe et conseillère régionale de la Vienne.
Il est sidérant que certains responsables donnent l’impression de découvrir la situation au dernier moment, de se contenter de « donner des recommandations aux populations » et d’attendre simplement la prochaine canicule.
Pour les élu·es écologistes de la Région Nouvelle-Aquitaine, il est temps de construire un véritable plan canicule dans les domaines où la Région peut agir : adaptation des lycées et centres de formation, rénovation et modernisation des infrastructures de transport (rames vieillissantes, voies et équipements ferroviaires inadaptés aux fortes chaleurs), aménagement des horaires de travail, accélération de la rénovation thermique en incluant le confort d’été, ou encore soutien au développement de refuges de fraîcheur accessibles partout sur le territoire.
Il est aussi indispensable de renforcer les politiques de soutien à l’agroécologie, pour accompagner une agriculture plus résiliente face aux canicules et aux sécheresses, en favorisant la diversité des cultures, la qualité des sols et une meilleure gestion de l’eau.
« Dans de nombreux territoires, les agriculteurs·rices, les habitant·es, les personnes âgées, les enfants ou les travailleurs en extérieur subissent déjà directement ces températures. Il faut des réponses concrètes, coordonnées et à la hauteur d’un monde devenu plus imprévisible, où la capacité à s’appuyer sur des solidarités locales et des réseaux d’entraide sera déterminante face aux situations extrêmes », ajoute Laurence Motoman, conseillère régionale des Landes.
Pour Didier Damestoy, conseiller régional du Pays-Basque : « adapter notre région au changement climatique est désormais une nécessité. Il faut agir maintenant plutôt que subir chaque année les mêmes conséquences, plusieurs fois par an désormais. »
Le coût humain et financier de l’inaction, comme celui des réparations en urgence, pèse déjà fortement sur les collectivités. Les élu·es écologistes demandent l’ouverture rapide d’un plan régional canicule associant collectivités, État et autres acteurs publics (ARS, ADEME, etc), syndicats, associations et habitant·es, afin de bâtir une réponse collective à la hauteur des enjeux climatiques et de préserver durablement l’habitabilité des territoires.
