Incendies en Gironde et dans les Landes : face à l’urgence, faire de la santé environnementale une priorité


 

Les écologistes alertent depuis des années : les crises écologiques liées à l’Anthropocène ne sont plus des menaces lointaines mais une réalité. Les incendies qui frappent la Gironde et les Landes le confirment une nouvelle fois, comme ceux du Var, de la Drôme, d’Espagne, de Grèce ou d’Italie.


Favorisés par le dérèglement climatique, la sécheresse et la fragilisation des écosystèmes, ces mégafeux sont aujourd’hui l’une des manifestations les plus spectaculaires des changements climatiques.


Le groupe écologiste, solidaire et citoyen du Conseil régional de Nouvelle-Aquitaine appelle à tirer toutes les leçons de cette nouvelle catastrophe et à une réponse globale, qui articule prévention, adaptation au changement climatique, protection de la biodiversité et santé environnementale.

 

Alors que les incendies ont déjà ravagé 42 000 hectares de forêt, détruit plus de 240 habitations et entraîné l’évacuation de 224 000 personnes, le groupe écologiste, solidaire et citoyen du Conseil régional de Nouvelle-Aquitaine appelle à tirer toutes les leçons de cette nouvelle catastrophe. Si plusieurs foyers sont désormais fixés, ils ne sont pas éteints et les conditions météorologiques restent propices à de nouvelles reprises.


Ces mégafeux, parmi les plus importants qu’ait connus notre pays depuis 1949, illustrent une nouvelle fois les conséquences du dérèglement climatique et l’urgence d’adapter nos politiques publiques.


Au-delà de l’urgence, le groupe écologiste, solidaire et citoyen souhaite une réponse globale articulant anticipation et adaptation au changement climatique, protection de la biodiversité et santé environnementale. Il souhaite aussi qu’un retour d’expérience complet soit engagé sur les impacts sanitaires et environnementales des incendies : pollution de l’air, qualité de l’eau, impacts sur les milieux naturels, les activités économiques -notamment ostréicoles mais aussi agricoles – ainsi que les effets potentiels des retardants utilisés lors de la lutte contre les feux.


Le groupe rappelle que ces agents retardants constituent aujourd’hui un outil indispensable pour ralentir la progression des flammes et protéger les populations, les sapeurs-pompiers et les espaces naturels. Il n’en demande par l’abandon. En revanche, leur composition – fondée notamment sur le polyphosphate d’ammonium, auquel peuvent s’ajouter des additifs et des traces de métaux lourds selon les formulations – ainsi que leurs effets potentiels sur les sols, les cours d’eau et la biodiversité justifient un suivi scientifique indépendant et une transparence totale. Les impacts environnementaux des incendies eux-mêmes demeurent, de très loin, supérieurs à ceux des retardants, mais cela ne dispense pas d’améliorer les produits utilisés lorsque des alternatives existent.


Le groupe appelle également à renforcer la protection des sapeurs-pompiers, particulièrement exposés aux fumées, aux particules fines et aux contaminants chimiques issus de la combustion, et à soutenir la recherche pour développer des équipements de protection individuelle à la fois plus performants sur le plan sanitaire et moins impactants pour l’environnement.

 

 Christine Seguinau, conseillère régionale de Gironde et coprésidente du groupe écologiste, solidaire et citoyen, le souligne : « Le feu est fixé, mais il n’est pas éteint. Nous ne sommes qu’au début du mois d’août et les risques de reprise demeurent. Nous avons perdu des millions d’arbres, avec des conséquences considérables pour le climat, la biodiversité et notre cadre de vie. Mais il faut aussi parler de la santé publique : la qualité de l’air a été fortement dégradée bien au-delà des zones incendiées, sans information suffisamment claire sur les risques ni sur le port de masques FFP2 – masques peu disponibles lors des évacuations, réintégrations et sur l’ensemble des zones subissant des épisodes de fumées. Ces événements doivent conduire à revoir nos politiques d’aménagement du territoire et de prévention, notamment dans le cadre du SRADDET. »

 

Anne-Laure Bedu, conseillère régionale en Gironde, ajoute : « Ces incendies rappellent que la santé humaine, la santé animale et la santé des écosystèmes sont indissociables. Les millions d’animaux victimes des flammes, l’effondrement de la biodiversité et la multiplication des catastrophes climatiques montrent qu’il est urgent de faire du respect du vivant et de la santé-environnement le fondement de l’action publique. Anticiper, protéger et adapter nos territoires n’est plus une option : c’est une nécessité. »

 

Vital Baude, conseiller régional en Gironde, poursuit : « L’urbanisation galopante du Bassin d’Arcachon et globalement du littoral girondin qui envahit petit à petit les forêts est un vrai sujet mis sur la table par certains scientifiques et géographes. L’augmentation des zones de contact entre forêt et habitations aggravent les risques de départ d’incendies et rendent également plus compliqué le travail des pompiers. Le SRADDET mériterait d’évoluer pour intégrer cette problématique. »


Enfin, les élus appellent à renforcer la résilience des forêts face aux conséquences du changement climatique : « Les incendies d’aujourd’hui préparent les risques de demain : érosion des sols, inondations, perte de la biodiversité, impact sur la captation du carbone et des gaz à effet de serre…Il faut construire un véritable pacte de résilience des forêts, fondé sur une gestion intégrée de l’eau, la restauration des zones humides, une plus grande diversité des essences et un soutien renforcé à la recherche interdisciplinaire. Nous devons aussi soutenir la recherche afin de disposer demain de produits retardants et de protections pour les pompiers tout aussi efficaces mais moins impactants pour les écosystèmes et les humains. La science avance déjà dans cette direction avec le développement de retardants 100 % biosourcés et biodégradables. La Région doit accompagner cette innovation et favoriser son déploiement dès qu’elle sera opérationnelle. La Région a un rôle majeur à jouer pour faire dialoguer les savoirs et préparer l’avenir », conclut Laurence Motoman, conseillère régionale dans les Landes.


Le groupe écologiste, solidaire et citoyen demande que les retours d’expérience de ces incendies débouchent rapidement sur une stratégie régionale renforcée en matière de santé environnementale, de prévention des risques, de protection des populations et d’adaptation des forêts au changement climatique. Il souhaite aussi la mise en place d’un suivi sanitaire des populations exposées comme des personnels engagés sur les feux.