L’économie sociale et solidaire, les radios locales et les Territoires Zéro chômeur menacés par des coupes budgétaires sans précédent

Le groupe écologiste, solidaire et citoyen du Conseil régional de Nouvelle-Aquitaine dénonce avec force les coupes budgétaires prévues dans le Projet de loi de finances (PLF) 2026, qui menacent l’avenir de l’économie sociale et solidaire (ESS) et des radios locales associatives – deux piliers de la cohésion sociale et démocratique dans les territoires.

Alors que Bordeaux vient d’accueillir le Forum mondial de l’économie sociale et solidaire (GSEF) – où le président Macron a brillé par son absence –, le gouvernement prévoit dans le PLF pour 2026 une réduction de 54 % du budget global de l’ESS, de 95 % pour les tiers-lieux et de 13 % pour l’Insertion par l’activité économique, entraînant la suppression de 20 000 équivalents temps plein et près de 60 000 personnes concernées sur 300 000.

 

Une économie d’intérêt général pourtant délaissée

Malgré son rôle majeur dans la transition écologique et la cohésion sociale, l’ESS est elle aussi menacée : « elle représente 13,7 % de l’emploi privé mais ne reçoit que 7 % des aides publiques aux entreprises », souligne Anne-Laure Bedu, conseillère régionale en Gironde.


La Cour des comptes rappelle que l’État a consacré 16 milliards d’euros à l’ESS alors que le Sénat a évalué à 211 milliards le montant total des aides publiques aux entreprises. À noter que seulement 4 % des entreprises de l’ESS perçoivent une subvention, loin de la caricature d’économie « assistée » que la droite et l’extrême droite ne cesse d’attaquer.
« Le rapport de la Cour des comptes tord le cou à la fable d’une économie subventionnée : l’ESS reçoit moins d’aides que l’économie capitalistique alors même qu’elle porte des missions d’intérêt général, qu’elle génère des emplois et qu’elle favorise la transition écologique et sociale », pointe Christine Graval, conseillère régionale de la Vienne et coprésidente du groupe.

 

Soutien à l’information locale et à la démocratie 

Les radios associatives locales, quant à elles, verraient leur fonds de soutien à l’expression radiophonique locale – déjà menacé de 30 % de coupes l’an dernier – amputé de 44 %, ce qui mettrait en péril près de 400 radios sur les 770 existantes et la perte de 2 200 emplois sur 3 000.

« Derrière ces chiffres, ce sont des radios condamnées au silence, des territoires privés de leurs voix, des femmes et des hommes qui s’engagent pour faire vivre la culture, le débat, la citoyenneté et le lien social », alerte Thierry Perreau, conseiller régional dans la Vienne.

« C’est une mort silencieuse d’un secteur indispensable à la vitalité démocratique et culturelle de nos territoires », ajoute Christine Seguinau, conseillère régionale de Gironde et coprésidente du groupe écologiste.

Autre financement menacé : celui dédié à l’expérimentation « Territoires zéro chômeur de longue durée » dans 83 territoires de France.
« Nous appelons le gouvernement à pérenniser ce dispositif et à inscrire au budget les moyens nécessaires à sa bonne mise en application dans tous les territoires qui s’impliquent pour l’emploi de toutes et tous », renchérit Thierry Perreau.

 

Propositions régionales

Face à cette situation alarmante, les élu·es du groupe écologiste, solidaire et citoyen ont fait adopter, en octobre, dans l’hémicycle régional, une motion de soutien au tissu associatif régional demandant à la Région de réorienter ses dispositifs d’aides aux entreprises vers l’ESS afin de soutenir ce secteur à la hauteur de son poids économique et social.
Ils ont aussi participé dans plusieurs villes de la région à la mobilisation nationale organisée par le Mouvement associatif le 11 octobre dernier.

 

Relais des alertes des acteurs de terrain auprès des députés écologistes

Les élu·es écologistes régionaux ont alerté les parlementaires écologistes – Lisa Belluco, Delphine Batho, Benoît Biteau, Sébastien Peytavie, Nicolas Thierry, Monique de Marco -, pour relayer les inquiétudes des acteurs locaux de l’ESS et des radios associatives de Nouvelle-Aquitaine.

 

Vigilance face aux choix budgétaires régionaux

 

Le groupe écologiste s’inquiète également des conséquences des coupes budgétaires concernant les collectivités sur le futur budget régional. Dans le courrier que le président de Région Alain Rousset a adressé aux députés de Nouvelle-Aquitaine au sujet du PLF 2026, il liste en effet les politiques qui seraient visées : « arrêt ou suspension des politiques contractuelles avec les communes et Établissements publics de coopération intercommunale (EPCI) ; fragilisation du secteur associatif et risque de disparition de structures locales (…) ». Les formations, notamment sanitaires, les lycées et transports seraient également impactés, selon le président de la Région.
« Si des politiques régionales doivent être supprimées, ciblons d’abord des grands projets destructeurs, inutiles et coûteux comme les LGV vers Toulouse et Dax, Flying Whales ou E-cho. Afin de soutenir l’adaptation au changement climatique, il faut impérativement préserver les contrats de territoire, les associations, l’éducation et la formation », plaide le groupe écologiste solidaire et citoyen.