Des maisons détruites, des entreprises sinistrées, des exploitations agricoles ravagées, des personnes évacuées, des animaux blessés ou morts, des forêts et des écosystèmes bouleversés. Les incendies de cet été ont frappé tout un territoire.
Les personnes qui ont perdu leur maison, leur activité ou une partie de leur vie doivent être accompagnées. Les entreprises, les agriculteur·rices, les sylviculteur·rices, l’hôtellerie, la restauration et le tourisme ont eux aussi besoin de soutien. Mais pour le groupe écologiste, solidaire et citoyen, l’après-incendie ne peut pas se résumer à la reconstruction économique.
La délibération présentée par la Région lors de la Commission permanente du 28 septembre apporte des réponses nécessaires. Mais nous devons aussi préparer nos territoires aux incendies qui viendront.
Anne-Laure Bedu l’a vécu sur le terrain, en se mobilisant de jour comme de nuit aux côtés d’Anne-Sophie Juan pour venir en aide à la faune sauvage du Bassin d’Arcachon.
« Il y a évidemment les maisons, les entreprises, les exploitations et les vies bouleversées. Mais ce sont aussi de nombreux êtres vivants qui ont péri dans de terribles conditions. Après la catastrophe, les animaux survivants sont toujours en grande souffrance. Il faut les aider en soutenant financièrement les associations qui leur viennent en aide sur le terrain au quotidien, et créer très rapidement un dispositif de coordination des prises en charge (soins, accueil, euthanasie si nécessaire) de la faune, en faisant mieux travailler ensemble les compétences associatives, bénévoles et institutionnelles. » Anne-Laure Bedu, conseillère régionale de la Gironde
Cette période d’après, c’est aussi celle de la reconstruction de nos forêts, qui doivent pouvoir résister à un climat de plus en plus chaud et sec.
« Régénérer nos forêts ne peut plus consister à replanter après les incendies. Nous devons repenser les pratiques forestières avec une vision globale des écosystèmes pour permettre aux forêts de résister aux sécheresses, aux canicules et aux feux qui s’intensifient. Préserver l’eau et les sols, diversifier les peuplements, étager la végétation, favoriser la régénération naturelle et adapter la gestion forestière à chaque territoire. Les politiques publiques doivent davantage accompagner leur adaptation pour les rendre plus robustes face aux aléas climatiques et réduire leur inflammabilité. » Laurence Motoman, conseillère régionale des Landes
Et pour être réellement résilients, nos territoires doivent aussi pouvoir compter sur des secours suffisamment équipés et préparés.
« Leur rendre hommage ne suffit pas : il faut donner aux sapeurs-pompiers les moyens d’anticiper et d’intervenir. Cela passe par des SDIS renforcés, le débroussaillement stratégique et des capacités aériennes à la hauteur des risques. La création d’une deuxième base de sécurité civile dans le Sud-Ouest est demandée depuis 2022, notamment par la sénatrice Monique de Marco.
Mais la prévention passe aussi par nos choix d’aménagement : construire au contact des massifs forestiers, c’est exposer davantage les populations et compliquer l’intervention des secours. Nous devons maintenant passer aux actes. » Vital Baude, conseiller régional de la Gironde
Cet été doit être un point de bascule. Le défi n’est plus celui du diagnostic, mais celui de l’action. Réparer ce qui a été détruit est indispensable. Anticiper les risques et transformer nos territoires pour mieux les protéger est désormais une nécessité.
