Projet d’usine EMME en bord de Garonne : vigilance rouge versus feu vert de la commission d’enquête publique


 

Alors que les alertes crues et inondations sont au plus haut niveau de vigilance en Gironde, la commission d’enquête publique vient de rendre un avis favorable au projet d’usine Emme, classée Seveso seuil haut, en zone inondable. Le groupe écologiste, solidaire et citoyen au conseil régional exprime son incompréhension et relève plusieurs problèmes dans le rapport de cette commission d’enquête.


Hasard du calendrier, certes, mais aussi rappel de nos vulnérabilités face à des événements climatiques de plus en plus extrêmes et imprévisibles : alors que la tempête Pedro est à l’approche et que de nouvelles fortes pluies s’annoncent, la vigilance rouge crues reste en vigueur et Bordeaux Métropole a activé sa cellule de crise. Dans ce contexte, l’avis favorable d’une commission d’enquête publique pour la construction d’une usine Seveso en bord de Garonne semble relever d’une dystopie !



Pour rappel, ce projet vise à implanter une raffinerie de 20 000 tonnes de Nickel et 10 000 de Cobalt – produits fortement miscibles et toxiques dans l’eau – sur les communes de Parempuyre et Blanquefort dans une zone de 32 ha jusqu’ici inconstructible (zone Natura 2000, ZNIEFF, terres agricoles) et inondable. Cette installation classée Seveso seuil haut serait dans le lit majeur de la Garonne, où une zone humide permet actuellement de réguler les crues.



« Cet avis favorable ne prend pas compte les 1808 contributions à 85% défavorables, contributions pourtant fortement étayées, s’étonne Christine Seguinau, conseillère régionale en Gironde et co-présidente du groupe écologiste. Les avis des collectivités sont souvent écornés : des avis « favorables avec réserves » devenant « favorables » dans les conclusions de la commission d’enquête ».


« Aucun élément nouveau n’est avancé par le porteur de projet dans ses réponses pour rassurer concrètement sur l’alimentation en eau, en énergie ou concernant la sécurité du site ; l’avis du SDIS n’est pas donné sous prétexte de confidentialité, par exemple, relève Anne-Laure Bedu, conseillère régionale en Gironde et membre de la commission développement économique de la Région. Le dossier technique est très fragile, de même que le financement du projet, avec pourtant beaucoup d’argent public promis. C’est incompréhensible ».



« Les collectivités ont désormais deux mois pour se prononcer, avec en parallèle une instruction de l’autorité environnementale, alors que les élections se déroulent dans trois semaines. Il faut respecter la démocratie ! Et on ne peut pas, au nom de la technologie et du profit, créer des risques sanitaires et augmenter le risque d’inondations pour les populations voisines de ce projet. Nous avons un devoir de vigilance en matière de sécurité vis-à-vis des populations et de l’environnement. Il faut stopper ce projet », estime le groupe écologiste.