À l’occasion de l’audience du 2 décembre au tribunal administratif de Pau concernant le recours contre le PLUi, le groupe écologiste, solidaire et citoyen du Conseil régional de Nouvelle-Aquitaine réaffirme son soutien aux associations et habitant·es mobilisé·es contre le méthaniseur Methagri Pau Est.
Depuis 2021, plusieurs associations (Cami Pau Est, Anim’OUsse-ere et la Sepanso 64) contestent ce projet de de méthanisation industrielle à Artigueloutan (Pyrénées-Atlantiques), dénonçant incohérences réglementaires, atteintes aux milieux naturels et manque de concertation. Le recours examiné ce 2 décembre porte notamment sur la non-prise en compte des trames verte et bleue dans le plan local d’urbanisme intercommunal (PLUi).
À la veille de cette audience, le groupe écologiste, solidaire et citoyen de la Région Nouvelle-Aquitaine tient à réaffirmer son soutien à ces associations et aux habitant·es du Béarn engagé·es contre ce projet industriel de méthanisation, implanté en plein cœur d’une zone humide, au bord d’un cours d’eau désormais reconnu comme tel par une expertise judiciaire indépendante.
Les élu·es dénoncent les manquements démocratiques et environnementaux, et demandent un réexamen du dossier.
« Ce dossier illustre ce qu’il ne faut pas faire : implanter une installation industrielle dans un corridor écologique sensible, en s’appuyant sur un déclassement injustifié d’un cours d’eau, désormais démenti par l’expertise du tribunal, souligne la conseillère régionale écologiste en Charente Françoise Coutant, membre du Comité régional de l’Énergie. Ce projet ne respecte pas la nécessaire protection de l’environnement, qu’il s’agisse de la préservation des cours d’eau, des nuisances liées aux transports ou du non-respect des espaces naturels. Il ne respecte pas non plus plusieurs points du règlement d’intervention régional, auquel j’ai contribué dans la mandature précédente, en tant que vice-présidente en charge de la transition énergétique et du climat. L’absence de concertation en amont avec l’ensemble des parties prenantes, notamment les riverains, est, de surcroît, inadmissible. Le dialogue avec les habitants est indispensable afin de co-construire des projets de qualité et organiser des consensus sur leur localisation, leur faisabilité et leurs caractéristiques. De plus, un suivi et un contrôle doivent être mis en place. Ici, ce travail n’a tout simplement pas été mené, et cela explique en partie l’ampleur des oppositions. Toutefois, je reste convaincue de l’intérêt de la méthanisation, mais pas n’importe comment, ni à n’importe quel prix. C’est pourquoi j’assure un suivi particulier sur ce dossier, avec toute la vigilance requise, pour accompagner les habitant-e-s et que la Région ne participe pas, en l’état, à son financement. »
« La transition énergétique ne peut pas servir de prétexte à sacrifier des zones humides, des cours d’eau et la biodiversité locale », affirme, quant à lui, Didier Damestoy, conseiller régional écologiste des Pyrénées-Atlantiques.
« Nous saluons le courage des associations qui, depuis cinq ans, révèlent les failles d’un projet mal géré. Leur action contribue à défendre l’intérêt général et la qualité de vie de tout un territoire », ajoute Jean-François Blanco, conseiller régional écologiste des Pyrénées-Atlantiques.
Les élu·es écologistes appellent donc à la plus grande vigilance des pouvoirs publics et à un réexamen complet du projet, dans le respect des lois environnementales, des écosystèmes et des habitant·es.
