Festival d’Angoulême : les écologistes du Conseil régional de Nouvelle-Aquitaine apportent leur soutien à la filière du livre et de la BD suite à l’annulation du festival


 

L’annulation du Festival international de la bande dessinée d’Angoulême (FIBD) 2026, annoncée par son organisateur actuel, la société 9e Art+, plonge auteur·rices, éditeur·rices, librairies et commerçants du territoire dans une incertitude grave. Cette crise découle d’une longue série de dysfonctionnements dénoncés et documentés par la presse et des institutions de contrôle public : opacité de gestion, gouvernance contestée, conditions de travail et de rémunération problématiques, non prise en compte des violences sexistes et sexuelles, entre autres.
Le groupe écologiste, solidaire et citoyen du Conseil régional de Nouvelle-Aquitaine, qui souhaite que ce festival emblématique perdure, exige une transparence totale, la protection des salarié·es et le respect du travail des auteur·trices pour les futures éditions.

 

Le groupe écologiste, solidaire et citoyen du Conseil régional de Nouvelle-Aquitaine exprime son soutien total aux auteur·rices, illustrateur·trices et autres professionnel·les de la BD, dont la précarité et la faible rémunération sont connues et dont les revendications (dont la rémunération des dédicaces et une meilleure considération professionnelle) ont été publiquement rappelées ces derniers mois ; aux éditeur·trices, librairies, structures locales et commerces d’Angoulême, touchés de plein fouet par la perte d’activité et d’attractivité liée à l’annulation ; aux salarié·es et équipes de production (souvent invisibilisé·es), qui subissent la crise de gouvernance, les tensions et l’incertitude sur l’avenir de l’événement.

 

 Nos exigences : transparence et exemplarité

 

Dès 2021, la Chambre régionale des comptes de Nouvelle-Aquitaine pointait une organisation « complexe et peu lisible », l’imbrication entre 9e Art+ et une société (Patnership Consulting) facturant honoraires et commissions, et recommandait d’améliorer l’information financière adressée aux financeurs publics, notamment sur la billetterie et les invendus.


Les collectivités, dont, pour une bonne part, la Région, financent près de la moitié de l’événement. Elles ont un droit de regard sur la transparence de la structure et son exemplarité sociale.


La situation s’est aggravée après la révélation du licenciement d’une salariée, survenu un mois après son dépôt de plainte pour viol lors de l’édition 2024.

 

Stop au commercialisme et au management toxique

 

La crise de gouvernance a aussi été nourrie par des projets de restructuration contestés, notamment l’hypothèse d’une création de SAS avec l’association porteuse, une manière de sanctuariser l’événement et d’éviter une mise en concurrence ouverte.


Dans le même temps, de nombreux auteur·trices et éditeur·trices se sont mobilisé·es pour dénoncer les logiques mercantiles et de management toxique qui ont contribué à l’impasse actuelle.


À cette crise s’ajoute un élément majeur : la ministre de la Culture, Rachida Dati, a évoqué une réduction de plus de 60 % de la subvention de l’État liée au festival et à son organisation, ce qui fragilise encore davantage l’équation financière.

 

Un FIBD à la hauteur, transparent, respectueux et fidèle à l’intérêt général


« Les Angoumoisin·es sont totalement abasourdi·es par l’annonce de l’annulation de l’édition 2026 du festival international de la bande dessinée. C’est une triste nouvelle, tant au niveau culturel qu’au niveau économique pour notre ville et l’ensemble du territoire charentais. C’est dramatique pour celles et ceux qui dépendent directement ou indirectement du festival. Nous apportons tout notre soutien aux auteur·rices, éditeur·rices, librairies et autres commerces impacté·es par cette annulation. Nous souhaitons vivement que le FIBD puisse se dérouler dans une forme renouvelée. La BD et Angoulême méritent un festival transparent, respectueux des auteur·rices, des équipes et de leur travail, et fidèle à l’intérêt général. L’opacité et les dérives ne peuvent plus durer, d’autant que cet événement est financé pour moitié par de l’argent public. Nous serons aux côtés de toutes celles et ceux qui font vivre la BD au quotidien, et nous demandons une refondation crédible, et le maintien des subventions de l’État », annonce Françoise Coutant, conseillère régionale écologiste en Charente.


« Nous demandons que l’avenir du FIBD repose sur de meilleures bases : une transparence totale, une nouvelle gouvernance, de bonnes conditions de travail et de rémunération des interventions, le respect du droit du travail, et une tolérance zéro contre les violences sexuelles et sexistes. Un plan d’urgence territorial de soutien aux librairies, commerces et structures culturelles d’Angoulême impactés par l’annulation est également à imaginer (fonds exceptionnel, événement de substitution… ?) », souligne Christine Graval, conseillère régionale écologiste, membre de la commission culture, et coprésidente du groupe.