Séance plénière du Conseil régional – Budget 2026 : le groupe écologiste appelle à vraiment préserver l’essentiel et à abandonner les financements hors compétences



Les 18 et 19 décembre, les 183 élu·es du Conseil régional de Nouvelle-Aquitaine se réuniront pour se prononcer sur le budget 2026. Dans un contexte de fortes contraintes financières, le groupe écologiste, solidaire et citoyen appelle l’exécutif régional à faire des choix clairs : réorienter les moyens vers l’essentiel – transports du quotidien, économie sociale et solidaire, éducation, environnement – et stopper les financements aux grands projets destructeurs et/ou hors compétences.

 

Comme l’an dernier, le budget primitif 2026 de la Région est marqué par des restrictions sur des politiques publiques essentielles. Le groupe écologiste dénonce des arbitrages qu’il juge préoccupants : rabotage d’un tiers du budget de l’Économie sociale et solidaire ; – 5 à 7 % sur les associations, la culture, le sport, déjà fragilisés par plusieurs années de baisse ; – 40% de budget pour des actions d’éducation à l’environnement, 3500 places de formations supprimées alors que le chômage repart à la hausse ; désengagement sur les travaux d’infrastructures ferroviaires ; fermeture de l’Agence culturelle A, à Poitiers, avec six licenciements, etc.

 

Dans le même temps, l’exécutif régional poursuit son soutien à des projets coûteux et parfois incompatibles avec l’urgence écologique et sociale : construction des deux lignes à grande vitesse (LGV) Bordeaux-Toulouse et Bordeaux-Dax pour près de 30 millions par an, pari risqué sur l’usine de dirigeables Flying Whales en Gironde avec un million supplémentaire prévu en 2026, ou augmentation des subventions aux aéroports et soutien inconditionnel à la production de carburant pour l’aviation à partir de biomasse forestière (ex : projet E-CHO en Pyrénées-Atlantiques).

 

À cela s’ajoutent les surcoûts liés à l’ouverture à la concurrence de nos TER, souhaitée par l’exécutif, tandis que le fret reste largement sous-financé.

 

Nicolas Gamache, conseiller régional dans les Deux-Sèvres et membre de la commission finances, alerte : « L’endettement de l’État ne peut justifier son désengagement envers les collectivités. Mais dans un budget contraint, la Région doit faire des choix responsables et se concentrer sur l’essentiel, notamment la préservation des services publics, et cesser d’investir massivement dans certains projets inutiles et destructeurs. Par ailleurs, le financement des aéroports n’est pas une compétence obligatoire. Il faut réduire progressivement leur financement et réinjecter cet argent dans notre réseau régional de trains, les associations, l’éducation et l’environnement, dont les budgets sont sans cesse rabotés. Face à l’urgence écologique, sociale et démocratique, il est indispensable de maintenir ces crédits. »

 

C’est pourquoi, le groupe écologiste, solidaire et citoyen va demander en séance plénière un moratoire sur les grands projets et les financements hors compétences.

 

Propositions portées en séance


Lors de la séance plénière, les écologistes défendront deux motions, un amendement et une question orale :

  • Motion « Une commission transpartisane pour élaborer une proposition pour le nouvel acte de décentralisation »

Alors que le gouvernement prépare un nouvel acte de décentralisation, le groupe écologiste propose la création d’une commission régionale transpartisane afin d’élaborer une contribution de la Nouvelle-Aquitaine au futur acte de décentralisation renforçant la transition écologique et la résilience des territoires.
« Nous souhaitons une réforme ambitieuse fondée sur la démocratie locale, la justice territoriale, une fiscalité adaptée et une clarification des compétences », indique Maryse Combres, conseillère régionale en Lot-et-Garonne, qui présentera la motion.

 

  • Motion « Une commission transpartisane pour élaborer une proposition pour le nouvel acte de décentralisation »

Face aux déclins des petites lignes et aux dysfonctionnements répétés de la ligne Paris-Orléans-Limoges-Toulouse (POLT), le groupe écologiste appelle à un réinvestissement massif de l’État et de la Région pour garantir le droit à la mobilité ferroviaire en Limousin. Il demande la réouverture de la ligne Bordeaux-Lyon via Limoges et Tulle et sa requalification en ligne structurante.
« C’est un enjeu majeur de transition écologique, d’égalité entre les territoires et de cohésion des zones rurales », souligne Amandine Dewaele, conseillère régionale en Corrèze, qui présentera la motion.

 

-Amendement à la tarification des cars interurbains : « Un abonnement pour les personnes détentrices de la carte solidaire », présenté par Christine Seguinau, conseillère régionale en Gironde

L’objectif est de proposer aux personnes porteuses de la carte solidaire – accessible sur demande aux personnes les plus pauvres domiciliées en Nouvelle-Aquitaine et qui permet de voyager à bord des trains et des cars régionaux de la région avec une réduction de 80 % – à des formules d’abonnement hebdomadaires, mensuelles ou annuelles.

 

-Question orale « À propos des Rencontres régionales des forêts face au changement climatique et à l’effondrement de la biodiversité et du Schéma régional de gestion forestière »

Face au dépérissement rapide des forêts en Nouvelle-Aquitaine – dû aux sécheresses, tempêtes, canicules, incendies, scolytes, punaises réticulées, nématodes du pin, etc. – , le groupe écologiste souhaite organiser des Rencontres régionales des forêts avant l’été 2026. « Il est urgent de relancer une dynamique régionale de concertation et d’anticipation associant scientifiques, acteurs forestiers et collectivités », explique Laurence Motoman, conseillère régionale dans les Landes, membre de la commission forêt et montagne. Le groupe écologiste interrogera aussi l’exécutif régional sur la validation attendue du Schéma régional de gestion sylvicole.