À la suite de la publication du rapport du Conseil d’orientation des infrastructures (COI), qui émet de fortes réserves sur les lignes à grande vitesse Bordeaux-Toulouse et Bordeaux-Dax, le groupe écologiste, solidaire et citoyen du Conseil régional de Nouvelle-Aquitaine appelle à abandonner ce grand projet rebaptisé Lignes Nouvelles du Sud-Ouest (LNSO). Il préconise de réorienter les investissements vers la modernisation du réseau ferroviaire existant.
Le rapport récent du Conseil d’orientation des infrastructures confirme ce que les écologistes dénoncent depuis des années : le projet de lignes nouvelles du Sud-Ouest (LNSO/GPSO) est à la fois incertain, coûteux et inadapté aux besoins réels des territoires.
Dans un contexte budgétaire contraint, le COI pointe une sous-évaluation des coûts, des délais difficilement tenables, ainsi que des désaccords profonds sur la pertinence même des lignes Bordeaux-Toulouse et plus encore Bordeaux-Dax, dont le prolongement futur vers l’Espagne apparaît complètement irréaliste. Il décrit également l’ampleur des destructions d’espaces naturels et agricoles, en insistant sur l’inestimable richesse de la vallée du Ciron. Il rappelle l’urgence à prioriser la régénération des infrastructures existantes, pour maintenir et améliorer les transports ferroviaires dans les territoires.
Ces conclusions rejoignent les critiques formulées par de nombreuses associations qui dénoncent un projet destructeur pour l’environnement et financièrement incertain, et qui viennent d’engager des recours contre son autorisation environnementale.
« Le rapport du COI vient confirmer l’impasse que constitue ce projet. Alors que les besoins sont immenses pour les transports du quotidien, que les contraintes budgétaires s’accroissent, il est irresponsable de continuer à s’entêter dans une infrastructure aussi destructrice, coûteuse et inadaptée. Nous demandons au gouvernement et à la Région d’en tirer toutes les conséquences, de renoncer à ces LGV et d’engager enfin un plan ambitieux de modernisation du réseau existant », déclare Christine Seguinau, conseillère régionale en Gironde, membre de la commission infrastructures et transports et coprésidente du groupe.
« Le projet actuel, portant sur les LGV Bordeaux-Toulouse et Bordeaux-Dax, et son prolongement futur vers l’Espagne, n’est pas validé par les experts. Pourtant, l’exécutif régional s’apprête à faire voter le 20 avril la réactualisation des études pour le tronçon Dax-Espagne. En revanche, la modernisation de la ligne actuelle Bordeaux-Hendaye est considérée comme urgente. À l’heure des choix budgétaires, il faut investir là où c’est le plus utile, au service des usagers et des territoires, pour mieux connecter notre Région à l’Espagne », souligne Didier Damestoy, conseiller régional des Pyrénées-Atlantiques, également membre de la commission infrastructures et transports.
