Condamnation de Julien Le Guet : une décision qui criminalise les défenseurs de l’eau


 

Le groupe écologiste, solidaire et citoyen du Conseil régional de Nouvelle-Aquitaine exprime sa profonde indignation après la condamnation de Julien Le Guet, porte-parole de « Bassines Non Merci », à six mois de détention à domicile sous surveillance électronique à la suite de la mobilisation à Sainte-Soline. Cette décision judiciaire marque un nouveau palier dans la répression des mouvements écologistes et citoyens engagés pour la défense du vivant et du partage de l’eau.

 

Le mercredi 6 mai, Julien Le Guet, le porte-parole de « Bassines Non Merci », a été condamné par la cour d’appel de Poitiers à six mois de détention à domicile sous bracelet électronique avec exécution provisoire. Il lui est aussi interdit de se rendre à Sainte-Soline et à Mauzé-sur-Le-Mignon pendant trois ans.

 

Le groupe écologiste déplore la lourdeur de cette condamnation prononcée pour des faits qui relèvent d’infractions mineures (le vol d’une pelle, un tag réalisé le 1er mai 2023 devant la gendarmerie de Niort, etc.). Elle interroge et révèle un traitement d’exception à l’encontre des militants écologistes, dans un contexte où les alertes scientifiques sur la raréfaction et la dégradation de la ressource en eau n’ont jamais été aussi nombreuses (PFAS, pesticides, etc.).

 

Cette décision interroge d’autant plus qu’aucune condamnation n’a été prononcée à ce jour concernant des violences policières lors la manifestation de mars 2023 à Sainte-Soline, révélées et documentées par la presse.

 

Les mobilisations de Sainte-Soline ont pourtant mis en lumière un débat démocratique majeur : celui du partage de l’eau, de l’accaparement des ressources par un modèle agro-industriel intensif et de l’adaptation de notre agriculture au changement climatique.

 

« Cette peine semble disproportionnée. Ceux qui alertent sur l’urgence écologique et la gestion de l’eau sont de plus en plus criminalisés, c’est très inquiétant pour notre démocratie. Nous appelons à répondre à ces inquiétudes légitimes par le dialogue et par la prise en compte des nombreuses expertises scientifiques sur le sujet », souligne Christine Graval, conseillère régionale écologiste dans la Vienne et impliquée dans l’initiative d’un projet territorial de gestion de l’eau (PTGE) citoyen du bassin du Clain.

 

« À Sainte-Soline, des citoyennes et citoyens se sont mobilisés pour défendre un commun essentiel. La réponse apportée aujourd’hui est celle de l’intimidation, alors que l’on ne répond toujours pas aux vrais problèmes d’un nombre croissant d’agriculteurs et d’agricultrices qui ne parviennent plus à vivre de leur travail », déclare quant à lui Stéphane Trifiletti, conseiller régional écologiste en Charente-Maritime.


Le groupe écologiste, solidaire et citoyen s’inquiète également fortement des textes législatifs qui se profilent – proposition de loi Duplomb 2 et futur projet de loi d’urgence agricole, lequel sera discuté à l’Assemblée nationale à partir du 19 mai – qui, s’ils étaient adoptés, risqueraient d’aggraver encore cette fuite en avant productiviste et destructrice, sans apporter de solution pour la survie des fermes.


« En facilitant l’extension de modèles agricoles intensifs (fermes usines), en favorisant le stockage artificiel de l’eau et en affaiblissant les garde-fous environnementaux, ces textes vont accentuer les tensions autour de l’accès à l’eau et éloigner la France des nécessaires politiques de sécurisation de notre alimentation et de justice sociale. Ils renforceront un modèle agricole sous tension, au détriment des équilibres environnementaux et des territoires. Il est urgent de protéger celles et ceux qui portent ce combat », ajoute Amandine Dewaele, conseillère régionale écologiste en Corrèze et membre de la commission agriculture et alimentation.


Le groupe écologiste apporte tout son soutien à Julien Le Guet et à l’ensemble des militants engagés pour une gestion équitable, durable et démocratique de l’eau. Il renouvelle sa demande de moratoire sur le stockage de l’eau et appelle à sortir de la logique de confrontation et à ouvrir un véritable débat national sur l’avenir de notre modèle agricole et le partage de cette ressource naturelle.