
À l’occasion de la séance plénière du 12 & 13 octobre 2026 le groupe écologiste, solidaire et citoyen a déposé un voeu pour :
Exigeons des réponses éducatives et politiques et non des réponses policières pour notre jeunesse.
La gravité de la situation exige un sursaut démocratique et républicain dans lequel ni les choix d’austérité, ni la violence n’ont leur place.
Considérant le constat établi par le Conseil régional dans les propos introductifs de la délibération présentant la DGF des lycées pour l’année 2027 : « Les résultats récents de l’enquête PISA et les différentes études sur la jeunesse mettent en évidence une dégradation préoccupante des apprentissages, une hausse des inégalités scolaires et un accroissement du mal-être chez les adolescents. En France, le recul des performances en mathématiques et en expression écrite s’accompagne d’écarts persistants entre les jeunes les plus favorisés et les plus défavorisés. Ces constats interrogent notre capacité collective à permettre à chaque jeune de réussir, de construire son avenir et de trouver sa place dans une société marquée par les transformations numériques, les défis sociaux, économiques et environnementaux. Face à ces enjeux, la Région Nouvelle-Aquitaine réaffirme sa responsabilité en faveur de la jeunesse. Sans se substituer à l’État dans le domaine pédagogique, elle agit pour créer les meilleures conditions d’apprentissage, de formation, d’orientation et d’épanouissement. » ;
Considérant que les choix budgétaires de l’État des 10 dernières années ont contribué à dégrader les conditions d’enseignement des lycéens qui ont vu se succéder huit ministres successifs, qui ont assisté à la suppression de 10 000 postes d’enseignants, et constaté que le nombre d’infirmières a baissé de 28 % alors que la santé mentale des élèves n’a cessé de se détériorer ;
Considérant que la France est le pays avec les classes les plus surchargées sur les 25 pays de l’Union européenne ;
Considérant que les baisses des dotations aux collectivités ont des répercussions immédiates sur le recrutement et le remplacement des agents territoriaux indispensables au bon fonctionnement des établissements, affectent la dotation aux établissements, les investissements et le financement des projets dans les Établissements Publics Locaux d’Enseignement. Dans le PLF 2027, ce seraient encore près de 7 milliards d’euros qui seraient ponctionnés sur les budgets des collectivités territoriales, dont 20 % du total aux Régions, soit au minimum 1,046 milliard d’euros.
Considérant qu’après avoir supprimé 4 000 postes d’enseignants à la rentrée 2026, l’État s’apprête à supprimer 250 millions d’euros sur le budget de l’Éducation nationale en 2027 ;
Considérant que les préoccupations qu’expriment la jeunesse et les lycéen·nes au sujet de leurs conditions d’études, leur orientation et leur avenir professionnel sont légitimes ;
Considérant le manque de réponses concrètes ou l’absence de dialogue face aux revendications collectives et l’engagement citoyen des lycéens qui s’expriment dans les mobilisations, et le sentiment d’isolement, de frustration et de défiance des jeunes envers les institutions de l’État ;
Considérant qu’il est du devoir de l’État et du ministère de l’Éducation nationale de garantir un cadre d’écoute serein, respectueux et démocratique pour l’ensemble de la communauté éducative ;
Le Conseil régional émet le vœu que l’État :
- Renonce à la baisse de budget de l’Éducation nationale dans le PLF 2027 pour permettre le remplacement des enseignants absents et la réduction des effectifs par classe ;
- Ouvre sans délai un espace de dialogue réel, direct et pérenne avec les représentants lycéens et les collectifs mobilisés ;
- Apporte des réponses précises, transparentes et concrètes aux revendications des lycéens sur des rythmes trop soutenus en évaluant la plus value de la réforme du lycée afin d’étudier des assouplissements permettant des emplois du temps plus cohérents et adaptés au rythme de vie des élèves ;
- Garantisse une orientation post bac dans l’enseignement public pour tous les bacheliers qui le souhaitent. L’ouverture de places supplémentaires dans les universités et les classes post-bac dans les établissements publics, doublé de l’examen de la loi “Baptiste” à l’Assemblée nationale pour lutter contre les pratiques abusives des écoles privées qui tirent profit du déficit de places post- bac. Un moratoire sur Parcoursup pour garantir à chaque élève une orientation choisie et consentie ;
- Donne aux établissements les moyens humains permettant de répondre aux besoins sur les risques psycho-sociaux et d’assurer ses missions de prévention en matière de santé physique et mentale avec le recrutement d’infirmières, de médecins scolaires de psychologues et d’assistants sociaux dans tous les EPLE, à raison d’un a minima pour 500 élèves ;
- Valorise la démocratie lycéenne en envisageant une réforme des modalités de convocation du CVL pour permettre une auto-saisine des lycéens, dans la limite de 2 par an, afin d’encourager la participation démocratique des lycéens et de faire des lycées de véritables lieux d’apprentissage et d’exercice de l’engagement citoyen ; valorise l’aménagement d’espaces d’échange et de rassemblement pour permettre de réunir des agoras au sein des établissements;
- Assure la protection de la jeunesse et respecte ses droits en renonçant à l’usage Indiscriminé de gaz lacrymogènes et d’armes sublétales mutilantes (LBD grenades explosives), pourtant proscrite par le droit international ;
- Donne aux collectivités les dotations nécessaires pour pouvoir répondre aux besoins urgents exprimés par la jeunesse et notamment les investissements nécessaires pour l’adaptation au réchauffement climatique avec l’isolation du bâti scolaire, l’aménagement d’îlots de fraîcheur, de solutions thermiques… ;
- Donne aux collectivités les moyens financiers pour proposer l’expérimentation de budgets participatifs et le financement de dispositifs et appels à projets pour renforcer les moyens culturels dans les établissements et encourager les projets pédagogiques innovants (école dehors, classes flexibles…).
