Canicule : hécatombe silencieuse dans les élevages


 

Alors que la Nouvelle-Aquitaine s’apprête à subir un nouvel épisode de canicule, les conséquences des chaleurs extrêmes frappent de plein fouet les élevages. Les surmortalités animales observées, notamment dans les élevages de volailles, illustrent la vulnérabilité d’un modèle agricole qui présente déjà de nombreux défauts pour les animaux et les humains. Le groupe écologiste, solidaire et citoyen du Conseil régional de Nouvelle-Aquitaine exprime sa solidarité avec les agriculteurs et agricultrices confrontés à cette situation dramatique. 

 

D’après les premières estimations de la filière avicole, entre 1 et 3 millions de volailles ont été victimes de la dernière canicule. Les cadavres sont si nombreux que les services d’équarrissage sont saturés. Comme d’autres départements, les Deux-Sèvres, par exemple, sont très impactées : la préfecture y a autorisé, sous conditions, l’enfouissement des cadavres sur les exploitations. Le recours au site d’enfouissement de déchets d’Amailloux est également envisagé.

 

Cette situation exceptionnelle révèle notamment les fragilités d’un système d’élevage fondé sur une forte concentration d’animaux, souvent sans accès à un parcours extérieur ombragé et donc inadapté à des conditions climatiques de plus en plus extrêmes.

 

« Les premiers à subir les conséquences du changement climatique sont les agriculteurs et les agricultrices, confrontés à des pertes économiques et à des conditions de travail particulièrement éprouvantes », souligne Nicolas Gamache, conseiller régional dans les Deux-Sèvres.

 

Il ajoute : « Nous nous interrogeons sur les conséquences des solutions d’urgence mises en œuvre, notamment de l’enfouissement de ces tonnes de cadavres : quelles garanties sanitaires ? Quels risques pour les sols, les nappes phréatiques et l’eau potable dans nos communes ? Quelles nuisances pour les riverains ? »

 

« Nous devons sortir de la logique qui consiste à gérer en permanence les conséquences d’un modèle à bout de souffle. Les canicules successives démontrent que cela fragilise à la fois les animaux, les agriculteurs, les territoires et les riverains. Il est temps de soutenir des modèles agricoles conciliant un revenu suffisant pour les agriculteurs, la bientraitance animale et la préservation des milieux naturels », propose-t-il.

 

Les autres animaux d’élevage ne sont pas non plus épargnés, pas plus que la faune sauvage, y compris les poissons, qui meurent par milliers, asphyxiés dans les cours d’eau et dans les piscicultures.