Projet E-CHO : en plein brasier des forêts, l’État érige leur destruction en intérêt national majeur


 

Alors que la France traverse un nouvel épisode caniculaire, l’État vient de déclarer le projet E-CHO, à Lacq, « d’intérêt national majeur ». Pour le groupe écologiste, solidaire et citoyen du Conseil régional de Nouvelle-Aquitaine, cette décision constitue une maladaptation majeure : au nom d’une prétendue décarbonation de l’aviation, elle encourage un projet industriel qui menace les forêts, la ressource en eau, la biodiversité, le climat et l’approvisionnement de la filière bois régionale

 

La France suffoque sous les vagues de chaleur à répétition, nos territoires subissent chaque jour les conséquences du dérèglement climatique, et pourtant, l’État vient de qualifier le projet industriel E-CHO, à Lacq (Pyrénées-Atlantiques), de « projet d’intérêt national majeur ».


Pour le groupe écologiste, solidaire et citoyen, du Conseil régional de Nouvelle-Aquitaine, cette décision illustre une fuite en avant technosolutionniste qui tourne le dos aux nouvelles réalités climatiques.

 

« On ne peut pas prétendre lutter contre le changement climatique en sacrifiant les forêts qui en sont nos meilleures alliées. Couper des arbres pour faire voler des avions est un non-sens écologique. Cette décision est incompréhensible au moment même où la canicule nous rappelle l’urgence de protéger les puits de carbone naturels », soulignent Sophie Bussière et Didier Damestoy (64), membres respectivement des commissions « aménagement des territoires » et « infrastructures et transports ».

 

Pour Laurence Motoman (40), membre de la commission « agriculture, alimentation et forêt » : « Nos forêts sont déjà soumises à des aléas climatiques sans précédent et à des attaques de ravageurs qui se multiplient. Elles doivent être protégées pour préserver la biodiversité et le micro-climat régional (cf. rapport du GIEC Terres émergées, 2019), stocker du carbone et soutenir la résilience de la filière industrielle bois. Nous ne pouvons plus considérer les forêts comme une usine à bois ! Elles sont nos meilleures alliées pour s’adapter et préserver l’habitabilité des territoires de Nouvelle-Aquitaine. »


Anne-Laure Bedu (33), membre de la commission « développement économique », rappelle que « la transition doit respecter les limites planétaires. E-CHO s’ajoute à une série de projets démesurés (EMME, Flying Whales, GPSO/LNSO, etc.) qui mobilisent toujours plus de ressources naturelles aggravant les conflits d’usage sur l’eau, la forêt, l’alimentation et l’énergie. Il est plus que temps de financer des solutions réellement résilientes ».


Le groupe écologiste, solidaire et citoyen rappelle avoir alerté en 2026 les services de l’État sur les risques liés à la pression croissante exercée sur la biomasse forestière régionale, sans obtenir de réponse satisfaisante. « La production d’e-kérosène nécessite un volume important de ressources naturelles – biomasse forestière, eau, etc. -, détournées d’usages plus essentiels : agricoles, chauffage, etc. Cela entraînera une concurrence entre les surfaces dédiées aux biocarburants et celles dédiées aux autres productions, et des conflits entre décarbonation et biodiversité », souligne la conseillère régionale Maryse Combres (47), membre de la commission « biodiversité, eau, transition énergétique » et du Comité régional de l’énergie.


À l’heure où les dérèglements climatiques se font plus intenses et imprévisibles, hypothéquer l’avenir des forêts pour maintenir la croissance du trafic aérien est un choix politique que nous refusons et une faute politique envers les générations futures.


La véritable transition adaptative consiste à prioriser une sobriété des ressources, à protéger les écosystèmes et à investir dans les mobilités douces et collectives. Pas à greenwasher le transport aérien – mode de transport élitiste entraînant des répercussions catastrophiques sur le climat mondial et local – avec du prétendu « bio » carburant.

Pour l’intérêt général, nous mettrons tout en œuvre afin que ce projet écocide ne voie jamais le jour et espérons une prise de conscience collective. Enjeu vital, c’est la préservation des forêts qui devrait être déclarée « d’intérêt national majeur » !