Manifestations agricoles en Nouvelle-Aquitaine : il est urgent de mobiliser les moyens régionaux pour une transition agroécologique et sociale d’ampleur !

Les élu·es écologistes de la Région Nouvelle-Aquitaine soutiennent les agriculteurs qui manifestent pacifiquement. Ils appellent à une politique agricole ambitieuse face aux enjeux du XXIe siècle.

 

En Nouvelle-Aquitaine, l’agriculture est un pilier économique qui façonne les paysages, fournit 120 000 emplois directs et contribue à une gastronomie mondialement réputée. 

Toutefois, les constats sont alarmants : disparition de 20 000 fermes en dix ans, endettement moyen de 200 000 €, baisse constante du revenu, viticulture sinistrée, perte de foncier agricole et, depuis deux ans, crise économique de l’agriculture bio.

 

La colère qui s’exprime est le résultat des politiques libérales que la droite et l’extrême droite soutiennent continuellement au Parlement européen et que les gouvernements successifs mènent depuis plus de 30 ans.

« Les accords de libre-échange, la stratégie d'exportation du gouvernement français et les acteurs du "triangle de l'enfer" (agro-industrie, géants de l’agroalimentaire et de la grande distribution) sont les fossoyeurs de l'agriculture, de l’alimentation et de nos campagnes, accentuant la précarité alimentaire. Cet échec n’est pas du fait des écologistes, contrairement à ce que ce gouvernement cherche à faire croire »

À l’Assemblée nationale et au Parlement européen, les écologistes proposent de vraies solutions : prix rémunérateurs minimum basés sur les coûts de production, relocalisation des filières, réforme de la protection sociale et de la retraite agricole, aides au maintien pour l’agriculture bio, réorientation des aides de la PAC indexées à l’emploi plutôt qu’à l’hectare, ou encore sortie des accords de libre-échange mortifères.

« En mettant tout sur le même plan - agriculture bio et Haute valeur environnementale, agroécologie et verdissement fallacieux mais contraignant - le gouvernement fait du “en même temps” et du saupoudrage sans résultat. On laisse les agriculteurs dans l’impasse avec, pour beaucoup d’entre eux, des revenus indécents »

Gels, grêles, sécheresses, canicules, épizooties, les agriculteurs néo-aquitains sont les premiers à subir les conséquences du dérèglement climatique. La législation environnementale est indispensable pour le maintien de l’agriculture en incitant à l’adaptation au changement climatique, en restaurant la biodiversité, en préservant la quantité et la qualité de l’eau, et en protégeant la santé des agriculteurs et des habitants. Mais elle exige une vraie politique économique d’accompagnement, à la hauteur des services rendus à la société.

« Il faut donner les moyens aux agriculteurs de vivre dignement de leur métier, mais aussi d’innover pour s’adapter à demain. L’État comme la Région doivent débloquer un vrai soutien économique pour accompagner la transition en ciblant les exploitations familiales, en particulier dans les secteurs régionaux en crise comme la viticulture ou l’élevage », explique Émilie Sarrazin, conseillère régionale de Gironde et agro-économiste. 

 

Depuis le début du mandat, les écologistes présentent les mesures de leur programme agricole au Conseil régional.

« Nous avons proposé d’expérimenter une Sécurité sociale de l’alimentation pour sécuriser l’accès à une alimentation de qualité pour tous, payée équitablement aux agriculteurs locaux. Nous avons proposé la création d’un “conservatoire régional des terres nourricières” pour protéger les terres agricoles, tout en facilitant l’installation et la reprise d’exploitations»

« Nous avons aussi proposé que la Région se donne les moyens d’atteindre 100% de produits bio et locaux dans les cantines des lycées », ajoute Amandine Dewaele, conseillère régionale de Corrèze et administratrice de l’association Agrobio 19, qui promeut et développe l’AB en Corrèze.

 

Pour répondre à leur colère, les élu·es écologistes de Nouvelle-Aquitaine sont donc prêts à se mettre autour de la table avec les agriculteurs et les autres élu·es régionaux, afin de décider ensemble des mesures régionales d’urgence à prendre. Pour un revenu agricole décent, pour la sécurité alimentaire des Néo-Aquitains et pour un accompagnement économique ambitieux de la transition agroécologique régionale.