QUESTION ORALE · Plan régional « Canicule » : passer d’une logique de réaction à une logique de prévention grâce à une stratégie régionale d’adaptation

 

Au mois de mai dernier, notre région a connu un épisode de chaleur brutal, avec des températures atteignant jusqu’à 38°C. Cet événement, qualifié par plusieurs météorologues de « canicule printanière inédite dans l’histoire des relevés », a mis en évidence les conséquences concrètes du dérèglement climatique : notamment, une hausse de la mortalité, la dégradation des infrastructures, les perturbations des transports, de nombreux impacts sur l’activité économique dont au premier chef, l’agriculture, mais aussi sur la biodiversité. Cette situation n’est pas exceptionnelle, mais structurelle.

 

Le gouvernement annonce un scénario de réchauffement de + 4°C en 2100 par rapport à l’ère préindustrielle. Les prévisions pour les mois à venir sont préoccupantes, puisque marquées par les effets du phénomène « Super El Niño ». L’État se prépare à de nouveaux épisodes de canicule en 2026 et 2027. Désormais, il s’agit d’une réalité durable à laquelle nos territoires doivent se préparer.

 

Pourtant, les politiques publiques d’adaptation demeurent insuffisamment financées ; le cadre national manque de lisibilité, de constance et de cohérence : la réduction significative des moyens alloués au Fonds vert illustre ce désengagement du gouvernement, tout comme les stop and go de « Ma Prime Rénov’ » qui mettent les artisans du bâtiment en grave difficulté. Dans ce contexte, les collectivités ont tout intérêt à anticiper davantage, car les coûts humain, social et financier de l’inaction, comme celui des interventions d’urgence, pèsent déjà lourdement sur les budgets locaux et régionaux.

 

Les bâtiments, les infrastructures de transport, les systèmes agricoles et industriels ont été conçus pour un climat qui n’existe plus. Ils doivent désormais évoluer pour répondre aux nouvelles conditions climatiques, améliorer la qualité de vie des habitants et préserver l’habitabilité de nos territoires. La Région Nouvelle-Aquitaine a un rôle majeur dans cette transformation adaptative.

 

Monsieur le Président, face à cette nouvelle réalité climatique, la Région Nouvelle-Aquitaine peut-elle s’engager rapidement dans l’élaboration d’un plan régional « Canicule », co-construit avec les collectivités, les services de l’État, les acteurs publics, les organisations syndicales, les associations et les habitants, afin d’identifier les vulnérabilités du territoire et de définir une stratégie coordonnée de prévention et d’adaptation aux épisodes de chaleur extrême ?