QUESTION ORALE · Pour des territoires pilotes de régénération hydrologique en Nouvelle-Aquitaine favorisant la résilience agricole et forestière face au changement hydroclimatique


 

Monsieur le président,

Les incendies de cet été en Gironde et dans les Landes ont été des catastrophes sociales, économiques et environnementales pour notre région : nous avons vu la destruction de centaines d’habitations, d’entreprises et de bâtiments de service public, nous avons vécu le plus grand déplacement de population depuis la seconde guerre mondiale.
Sans l’action coordonnée des pompiers, des élus locaux et des bénévoles, les conséquences auraient été pires encore. Nous ne pouvons que les remercier à nouveau.
Malheureusement, ce n’est pas la première fois que nous vivons cela. Les incendies de 2022 avaient déjà marqué une étape mémorable de l’impact du dérèglement climatique pour nos vies, concrètement. Tout le monde (ou presque) avait alors clamé que ce serait la dernière et que tous les moyens seraient mis en œuvre pour réduire les causes du changement climatique d’une part, mais aussi s’adapter aux conséquences et donner tous les moyens demandés à la sécurité civile et aux pompiers pour mieux protéger les gens et les biens en cas de nouvel incendie.

De la parole aux actes, il y a un pas que le Président Emmanuel Macron, ses gouvernements et ses soutiens n’ont jamais franchi. Alors que la sénatrice écologiste de Gironde, Monique de Marco, avait réussi, juste après les incendies de La Teste et Landiras, à faire adopter un amendement au Sénat actant la création d’une base de sécurité civile à Mont-de-Marsan dans les plus brefs délais, ces gouvernements ont repoussé la concrétisation de cet indispensable projet à chaque budget annuel jusqu’à aujourd’hui.

Ni au niveau national, ni au niveau régional, ni au niveau local, n’a alors été prise la mesure de l’impérieuse nécessité de revoir toutes nos priorités politiques et budgétaires à l’aune de cette nouvelle ère dans laquelle le risque de catastrophes climatiques ne fera qu’augmenter chaque année.

Et en 2026 ? Comme l’ont annoncé les scientifiques, ni plus ni moins, nous vivons définitivement les conséquences concrètes au quotidien du dérèglement climatique dans toute son ampleur : les inondations, les canicules à répétition, les méga-feux, l’été sans fin…

Et que va-t-il se passer ? Comme en 2022, juste après la catastrophe, tout le monde s’est aligné pour demander des moyens à la hauteur des futurs événements de cette ampleur annoncés par les scientifiques depuis des décennies. Les pompiers ont enchaîné les semaines de grève depuis le 8 septembre pour revendiquer cette fois, des vrais moyens. Car la glorification de leur héroïsme ne peut masquer les insuffisances matérielles auxquelles sont confrontés ces femmes et ces hommes qui nous protègent.

Dès le 27 juillet 2026, alors que la France faisait face à une situation exceptionnelle marquée par de multiples incendies, les représentants nationaux et élus girondins écologistes ont présenté un ensemble de propositions concrètes et rapides à mettre en place pour mieux prévenir les feux, renforcer les capacités d’intervention, protéger les territoires les plus exposés et adapter notre pays à un risque devenu structurel.
Et pour le moment, rien ne se passe. Nous sortons pourtant à peine – pour quelques jours en tout cas – d’un été sans fin avec des températures inédites partout en France.

Le 15 septembre, la Région a annoncé avoir demandé à l’État d’apporter des réponses rapides et concrètes.

Monsieur le Président, quels retours avez-vous eu en réponse à vos demandes, notamment concernant l’implantation de la base aérienne dans le Sud-Ouest et la mobilisation de moyens conséquents et pérennes pour les SDIS ? L’État est-il enfin mobilisé à la hauteur de ce qui nous attend ?