
Il est remarquable que les méga-feux de Gironde n’aient été responsables d’aucune victime directe parmi les populations civiles établies sur nos différents territoires. Nous le devons au dévouement exceptionnel des 2500 pompiers, dont deux ont tragiquement perdu la vie, aux 1500 militaires et bénévoles. La Gironde a payé un prix immense avec 42 000 hectares brûlés, 220 000 personnes évacuées et près de 240 habitations détruites. Ces chiffres sont terrifiants.
A ce bilan concernant la vie humaine, il faut ajouter d’autres victimes : celles de la faune sauvage. Des milliers voire des millions d’animaux ont péri dans des conditions abominables, et les survivants, souvent blessés, doivent faire face à des situations de pénurie alimentaire dans des paysages de désolation. De plus, deux mois après ces catastrophes, le nécessaire passage des abatteuses continue à perturber fortement ce qu’il reste de vivant dans nos forêts dévastées.
Les animaux sauvages font partie de notre environnement, de nos attachements et de nos émerveillements. De nombreuses personnes se sont émues de leur situation et ont tenté de leur venir en aide, tant bien que mal, souvent démunies, aux côtés des associations présentes sur le terrain mais insuffisamment équipées pour faire face à ces désastres.
Un premier retour d’expérience montre de nombreux dysfonctionnements dans la prise en charge des animaux sauvages dans de telles situations d’urgence. Ils pourraient être évités pour permettre un sauvetage plus efficace, avec un taux de survie amélioré, et moins de souffrance pour toutes espèces : grands mammifères, petite faune vertébrée, oiseaux, reptiles, batraciens…
C’est pourquoi notre Région souhaite devenir l’actrice principale de la coordination des actions de soutien à la faune sauvage dans les situations d’urgence.
Considérant le nombre insuffisant de refuges sur le territoire de la Nouvelle-Aquitaine ;
Considérant le nombre insuffisant de centres de soin et la distance trop grande qui les sépare, pour permettre une prise en charge vétérinaire adaptée et efficace (avec des durées de transports bien trop longues qui pénalisent très fortement les chances de survie de l’animal) ;
Considérant le taux trop faible de capacitaires et de vétérinaires engagés pour venir en aide à la faune sauvage ;
Considérant le manque de coordination, voire les relations de concurrence qui s’établissent entre les différentes associations intervenant dans le parcours de prise en charge (refuges, centres de soins, etc.) dans un contexte de pénurie de moyens regrettable et avéré ;
Considérant le très faible taux de survie de la faune sauvage du fait de ces manques et dysfonctionnements, lors des situations d’urgence ;
Considérant la gravité des sinistres passés et à venir liés au réchauffement climatique et à ses effets délétères pour nos écosystèmes, et à la certitude de son accélération ;
Considérant le contexte de la 6ème crise d’extinction de la biodiversité en cours, qui menace les espèces de disparitions irréversibles ;
Considérant la place essentielle qu’occupe la faune sauvage dans nos équilibres psycho-sociaux, notre santé, notre bien-être et nos représentations culturelles ;
Le Conseil régional de Nouvelle-Aquitaine, réuni en séance plénière les 12 et 13 octobre 2026 décide de procéder, dans le cadre de sa politique “Une seule santé” à :
- la réalisation immédiate d’un état des lieux précis, en collaboration avec l’Agence régionale de biodiversité, des différents types de structures assurant la prise en charge d’une partie des parcours d’assistance à la faune sauvage sur le territoire de Nouvelle-Aquitaine ;
- la convocation des Assises du Vivant sauvage de Nouvelle-Aquitaine, qui aurait pour objectif de réunir l’ensemble des acteurs intervenant dans la prise en charge de la faune sauvage dans leur diversité, incluant les bénévoles, pour bâtir une feuille de route responsable et efficace, permettant de coordonner les actions à chaque étape du parcours de prise en charge des animaux sauvages ;
- l’augmentation conséquente des moyens dédiés au soutien de ces prises en charge, face aux périls récurrents auxquels nos écosystèmes sont et seront confrontés (incendies, inondations, etc.) ;
- l’élaboration d’un service complet et coordonné d’assistance à notre faune sauvage, connu de tous, accessible et mobilisable, au service des animaux, petits et grands.
