
Monsieur le Président,
Lors de la séance plénière de juin 2024, notre groupe avait interrogé l’exécutif régional sur la proposition d’organiser des Assises régionales des forêts, dans le contexte du changement climatique et de l’érosion accélérée de la biodiversité. Avec l’objectif d’anticiper les risques pesant sur les filières économiques
forestières, sur la résilience des écosystèmes et sur la biodiversité qui en assure l’équilibre, tout en créant un espace de concertation entre acteurs publics, privés et associatifs. Cette demande avait été acceptée.
Au cours du mois de février 2025, plusieurs réunions associant les élus de la majorité, les services régionaux et des représentantes de notre groupe ont permis d’élaborer une proposition de programme, l’identification d’intervenants et la préfiguration d’un calendrier.
Cependant, fin mars 2025, nous avons été informés de la suspension de cette démarche, au regard d’un agenda forestier jugé trop dense. À ce jour, et malgré nos relances régulières en vue de réexaminer ou d’adapter le format initial, aucune reprise des travaux n’a été engagée.
Pourtant depuis juin 2024, les éléments scientifiques et techniques disponibles renforcent cette proposition d’actions coordonnées pour répondre à l’urgence écologique qui s’amplifie.
Le rapport 2024 sur la santé des forêts confirme la progression des maladies et ravageurs, qui frappent des peuplements déjà fragilisés. Dans l’inventaire forestier de 2025, les données nationales de l’IGN sont tout aussi préoccupantes : au niveau national, entre 2013 et 2023, la production biologique a baissé de 3,7 millions de m3 par an, alors que les prélèvements ont augmenté de 9,3 millions de m3 par an. Si
cette tendance se poursuivait, le capital forestier pourrait diminuer de moitié d’ici une décennie.
En Nouvelle-Aquitaine, les signaux de dégradation sont tout aussi préoccupants. Sur le territoire du PNR de Millevaches en Limousin, la perte forestière atteint 25 % entre 2011 et 2024, accompagnée d’une diminution de 40 % du stockage de carbone sur dix ans. Le massif des Landes de Gascogne et les forêts pyrénéennes sont également frappés par les dépérissements, conséquences de successions d’aléas abiotiques et biotiques : sécheresses, tempêtes, canicules, incendies, scolytes, punaises réticulées, chancres, nématodes… La liste s’allonge chaque année.
La Région peut influer sur l’évolution des pratiques sylvicoles et accompagner une gestion équilibrée de la ressource qui soit adaptée aux conditions climatiques et aux sols forestiers actuels et futurs.
Considérant le caractère structurant pour l’adaptation des forêts de Nouvelle-Aquitaine du schéma régional de gestion sylvicole ex-Aquitaine (SRGS), auprès des propriétaires forestiers privés, en attente depuis trois ans, êtes-vous informé de la parution prochaine de l’arrêté ministériel le validant ?
Considérant l’ampleur des enjeux et la nécessité de disposer d’un espace régional de dialogue et de prospective associant scientifiques, acteurs privés, collectivités territoriales et organisations associatives, êtes-vous prêts à relancer l’organisation des “Rencontres régionales des forêts face au changement
climatique et à l’effondrement de la biodiversité” en Nouvelle-Aquitaine pour les concrétiser avant l’été 2026 ?
